99 % n’est pas 100 %
16/06/2026
Le 12 août 2026, il y aura une éclipse solaire. Totale pour certains. Partielle pour moi, très probablement. Je ne pense pas partir en Espagne ou en Islande pour aller chercher la bande de totalité. J’ai déjà assez de trucs à gérer sans transformer ça en opération commando.
Mais justement, ça m’amuse. Parce qu’une éclipse à 99 %, ce n’est pas une éclipse totale. C’est très proche, mathématiquement. C’est spectaculaire, probablement. Mais ce n’est pas pareil.
Le dernier pourcent
Un projet fini à 99 % n’est pas un projet fini. Une migration terminée à 99 % n’est pas terminée. Une sauvegarde testée à 99 % n’est pas vraiment validée. Une documentation complète à 99 %, c’est souvent celle où manque précisément le paragraphe dont tu as besoin le jour où tout est en vrac.
Le dernier pourcent, c’est rarement du luxe. C’est le compte oublié, le certificat qui expire, le script qui marche partout sauf sur la machine qui compte, le test de restauration qu’on n’a pas fait parce que “normalement c’est bon”, la dépendance que personne n’a documentée parce que “tout le monde sait”.
En astronomie, ce dernier pourcent transforme une grosse éclipse partielle en totalité. En informatique, il transforme un truc presque prêt en truc réellement utilisable.
C’est une différence un peu cruelle, mais assez saine.
Je verrai une éclipse partielle
Et ce sera déjà très bien. Je ne vais pas faire semblant de voir la totalité si je ne suis pas dans la bonne zone. Ce sera une éclipse partielle, probablement forte, et je la regarderai pour ce qu’elle est.
Il y aura quand même cette lumière étrange. Les ombres un peu différentes. Le ciel qui rappelle pendant quelques minutes qu’il n’est pas juste un fond d’écran bleu posé derrière les réunions, les mails et les trucs à finir.
C’est déjà pas mal.
Ne pas oublier de regarder
J’aimerais bien faire une image correcte. Pas forcément une photo de concours, mais au moins une trace propre. Un petit souvenir technique, quelque chose à garder.
Mais je sais aussi comment ça se passe. On veut capturer le moment, alors on finit par regarder l’écran. On règle. On vérifie. On relance. On râle parce que l’application a décidé que maintenant était un bon moment pour être pénible. Et pendant ce temps-là, le ciel fait son truc.
Donc note à moi-même : préparer assez pour ne pas subir, mais pas au point de passer à côté.
Regarder aussi avec mes yeux (avec les lunettes kivonbien).
Parce qu’au fond, le plus intéressant n’est peut-être pas de réussir une image. C’est de voir, même partiellement, la Lune passer entre nous et le Soleil.